narumi herisson

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PILOOSKI – Isola

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PILOOSKI – Isola
1000 Vinyl copies + Digital out 26/10/2015 on Dirty / Kompakt

100 COPIES AVAILABLE FOR PREORDER HERE

At the beginning of the 1930s, the press magnate Dominique Willem Berretty still held power over the Dutch East Indies. From the very lowest rung, this teacher’s son, born 1890, raised a media empire upon a single principle, “Activity, Activity, Speed”. As a clarion call from the future, it heralded the construction of a new world, one where information was faster than light, where modernity would be celebrated by an ever firmer grip upon the accelerator pedal.  But control of his press agency (baptised Aneta, for always number one in spite of everything), driven at full bore, would begin to slip away: politicians no less than his competitors, began to tire of his monopoly. In October 1932, as his empire was fading, he commissioned architect Wolff Schoenmaker to construct the palace of his dreams: the Villa Isola, north of Bandung. D.W. Berretty would have but several months to enjoy his art-deco pearl. On December 20 1934, bankrupt, he would fly to Europe aboard a DC-2 Uiver in order to sell Aneta to the highest bidder. But he was never to complete the voyage: the first flying machine equipped with automatic piloting would crash down upon the town of Ar Rutba in Iraq.

By tracing back through time and his memories (particularly those of a trip to Vietnam), Pilooski – who we’ve seen in duo as Discodeine and solo, in the Dirty Edits series – would end up pushing open he door to the Villa Isola: a vestibule leading to a double spiral staircase framing a marble pediment engraved with the words M’ISOLO E VIVO (I isolate myself, and live). On the first floor lay a grand semi-circular reception room opening onto French gardens. Before the windows, leather easy chairs arranged with maniac regularity about a round table. On the lid of a grand piano, a virgin in polished glass, and on the walls, oil renditions of Dutch canals jostled with jungle watercolours. One floor up in the constructivist bar, Berretty had installed a film projector. What would he have watched, cocktail in hand, alongside his guests? Herbier’s The Inhuman Woman, Murnau’s Tabu, or Chaplin’s City Lights. Who could tell?

As a tribute to this projection room, Pilooski has imagined four original soundtracks owing as much to radio broadcasts for insomniacs as they do to recorded recitals for children. With Eden Ahbez’s Eden’s Island album in mind, he has called upon the following contributors : Jarvis Cocker (Pulp) has chosen an extract from Carl Gustav Jung’s The Red Book; Judah Warsky has written an homage to the sun and the moon ; Narumi Hérisson (Tristesse Contemporaine) reads a passage from Ango Sakaguchi’s Sakura No Mori No Makaï No Shita; and writer Simon Liberati (Anthology of Apparitions, Jayne Mansfield 1967, Eva) a fragment from one his 113 Studies of Romantic Literature.

For four exotic and minimalist pieces of spoken word, over which Clément Froissart plays flute, Axel Lecourt, percussion and Julien Vichnievsky the guitar. Together, the pieces make up Isola, the new Pilooski EP.

Artwork : Laurent Fétis & Sarah Martinon

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Au début des années 30, le magnat de la presse Dominique Willem Berretty règne encore sur les Indes Néerlandaises. En partant du bas de l’échelle, ce fils d’instituteur né en 1890 a réussit à bâtir un empire médiatique en suivant la seule devise « Activité, Activité, Vitesse » qui résonne alors comme un appel futuriste à inventer un monde nouveau où l’information est plus pressée que la lumière et où l’on célèbre la modernité en appuyant sur l’accélérateur. Mais les commandes d’une agence de presse (baptisée Aneta pour « Always number one in spite of everything ») qu’il pilote a toute allure lui échappe soudainement : son monopole exaspère les politiques, ses rivaux veulent sa peau. C’est au moment où son royaume s’effondre qu’il mandate en octobre 1932 l’architecte Wolff Schoenmaker afin qu’il lui bâtisse le palais de ses rêves : la villa Isola au nord de Bandung. D.W. Berretty ne profitera que quelques mois de son joyau art déco. Le 20 décembre 1934, ruiné, il s’envole pour l’Europe à bord d’un DC-2 Uiver afin de vendre Aneta au plus offrant. Il n’arrivera jamais à destination : la première machine volante équipée d’un pilotage automatique se crashe sur la ville d’Ar Rutba en Irak.

En remontant le fil du temps et de ses souvenirs (notamment ceux d’un voyage au Vietnam), Pilooski, que l’on a connu en duo avec Discodeine ou en solo avec la série des Dirty Edits, a fini par pousser les portes de la Villa Isola : le vestibule mène à deux escaliers en colimaçon qui enserrent un fronton où l’on peu lire, gravée dans le marbre, la sentence M’ISOLO E VIVO (« je m’isole et vis »). Au premier étage une vaste salle de réception semi-circulaire s’ouvre sur des jardins à la française. Face à la baie vitrée, des fauteuils club ont été disposés avec une régularité maniaque autour d’une table ronde. Sur l’abattant d’un piano à queue, on remarque une Vierge Marie en verre dépoli et aux murs des huiles de canaux hollandais voisinent avec des aquarelles de la jungle environnante. Dans le bar constructiviste situé à l’étage supérieur, Berretty a fait installer un projecteur de cinéma. Cocktail à la main, regardait-il avec ses invités l’Inhumaine de l’Herbier, le Tabou de Murnau ou Les lumières de la ville de Chaplin ? Nul ne le sait.

Pour cette salle de projection, Pilooski a imaginé quatre bandes originales qui doivent autant aux émissions de radio pour insomniaques qu’aux histoires à écouter pour enfants. Avec en tête l’album Eden’s Island d’Eden Ahbez, il a réuni autour de lui les récitants suivants:

Jarvis Cocker (Pulp) a choisit un extrait du livre rouge de Carl Gustav Jung, Judah Warsky a écrit un hommage au soleil et à la lune, Narumi Hérisson (Tristesse Contemporaine) lit un passage de la nouvelle Sakura No Mori No Mankaï No Shita d’Ango Sakaguchi, l’écrivain Simon Liberati (Anthologie des apparitions, Jayne Mansfield 1967, Eva) un fragment de l’une de ses 113 études de littérature romantique.

Quatre morceaux de spoken word exotiques et minimalistes sur lesquels Clément Froissart joue de la flute, Axel Lecourt des percussions et Julien Vichnievsky de la guitare. L’ensemble compose Isola,le nouvel EP de Pilooski.

Artwork : Laurent Fétis & Sarah Martinon

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