DIRTY DIAMONDS TRACK BY TRACK LB « Angie » (Output) 2000 Derrière cet obscur pseudonyme se cache le producteur allemand Uwe Schmidt plus connu sous le nom d'Atom Heart. Cet homme à la discographie pléthorique aime se jouer des conventions en donnant ses propres versions des standards de la musique populaire. Sa cover « miniature numérique » d'« Angie » des Stones est surprenante mais fidèle à l'émotion dégagée par l'originale. Octet « Hey bonus » (Diamondtraxx) 2002 Le duo français Octet est fasciné par la musique baroque, les arrangements pop sixties, l'esthétique sonore electronica, les productions R'n'B, le death metal et mille autres choses encore. Ce morceau évoque un dîner improbable entre Brian Wilson et Charles Manson à la bougie, dans un château en Sologne. Dabrye « The lish » (Ghostly International) 2001 C'est à Hann Harbor près de Detroit que Tadd Mullinix produit une musique qui ne ressemble à rien de connu à nos oreilles, une sorte de R'n'B lancinant proche de l'électronica impossible à oublier une fois entendu. Les meilleurs disques sont souvent les plus improbables la preuve, « The lish » réhabilite brillamment le saxophone : on aura vraiment tout entendu. John Carpenter « The bank robbery » (Milan) 1981 Quand on écoute Dopplereffekt ou certains groupes d'electronica, on se dit que franchement, les musiques que John Carpenter produisait pour ses films étaient avant-gardistes pour l'époque. Notre homme appliquait à sa manière la formule magique « less is more » avec un sens du groove affolant : respect. Akufen « Even white horizons » (Force Inc) 2002 Habitué des dancefloors, le canadien Marc Leclair signe ici une petite merveille de pop électronique sensible, abstraite, minimale mais jamais ennuyeuse. On aime aussi ce morceau parce qu'il n'a pas grand-chose à voir avec le son qui a rendu Akufen célèbre et qu'il prend toute son ampleur la nuit, sur le périph', en Ford Focus. Suicide « Dream baby dream » (Blast First) 1980 Voilà une autre conception de la pop, du rock dans son plus simple appareil, brut, synthétique et sans concession. Au-delà de son caractère précurseur, ce morceau est touchant parce qu'il dévoile une facette plus tendre (osons le mot) du duo New Yorkais. On adore aussi ce titre parce qu'il utilise des clochettes. Transformer Di Roboter « Stranger in moscow » (WMF Records) 2003 Vous ne l'avez peut-être pas reconnu, mais ce titre est une reprise de Michael Jackson entièrement réalisée avec les sons de l'OS du Macintosh. Au fond peu importe, ce qui nous intéresse ici c'est comment ce duo Berlinois arrive à produire une musique pop dans sa structure avec des éléments sonores inhabituels. Artist Unknown « Control - Martini Brös remix » (Disko B) 2000 Adeptes du décalage, le duo Allemand Martini Brös aime brouiller les pistes en jouant avec différentes identités. Non contents de se remixer eux-mêmes en utilisant un pseudo, ils donnent ici une version classique (violoncelle, violons et voix) d'une composition purement électronique. Contrariant mais attachant. Claudine Longet « Love is blue » (A&M) 1968 Ce classique de la pop sixties nous permet de déclarer notre amour à Claudine Longet, chanteuse française exilée aux Etats-Unis où elle a fait la plupart de sa carrière. Claudine a notamment joué dans « The Party » de Blake Edwards, sorti des fabuleux albums de reprises pop et même country, mené la revue des Folies Bergères à Las Vegas.. Après la mort de son mari (dont elle sera d'ailleurs accusée) en 1976, la French diva s'est installée en Suisse où elle vit depuis avec son nouvel homme. Mocky « Show me that you re mine » (Gomma) 2003 Ce jeune canadien exilé à Berlin est un membre actif de la bande de Gonzales et Peaches avec qui il partage l'énergie punk, un goût immodéré pour les productions cheap et un sens de l'humour développé. Produit avec un synthés à 5 euros et un micro, « Show me that you're mine » tutoie le sublime et le dérisoire. Grace Jones « Pull up to the bumper – Larry Levan Garage mix » (Universal) 1985 Grace Jones, la black diva ultime représente une vision fantasmée de l’hédonisme disco que nous aurions aimé connaître. Ce mix signé Larry levan est une arme redoutable, capable de mettre à genoux n’importe quel dancefloor. On aime tout particulièrement les bruits de klaxons qui habitent cette excursion disco éternellement moderne. Human League « Things that dreams are made of - instrumental » (A&M) 1981 Ce disque aurait pu sortir la semaine dernière en Angleterre ou en Allemagne. Cette version instrumentale d'un morceau de Human League est jouée par les Dj's qui comptent à nos yeux : Trevor Jackson, Optimo, DFA. On aime aussi ce morceau parce que son chanteur ne chante pas, on ne le remerciera jamais assez pour ça. Felix Kubin « Phonebashing » (A Musik) 1999 Producteur insatiable, membre fondateur d'un parti Dadaïste en Allemagne au début des années 90, Felix Kubin produit une musique étrange, enfantine, obsolète et résolument futuriste. Il utilise de vieux synthétiseurs, des Gameboys, plusieurs minidiscs et sa musique ne ressemble à rien de ce qui existe sur terre. Cette chanson est également un hymne anti-téléphone portable. France Copland « Rutgerhauer song » (White label) 2003 Ce mystérieux duo parisien donne une version électro sombre et efficace du classique de Vangelis tiré de la BO de Blade Runner. Les deux membres de France Copland aiment se travestir en Nicolas Sarkozy pour leurs prestations scéniques. Faut-il voir en ce morceau un hommage au rétro-futurisme sécuritaire de Blade Runner ? Assurément. Simian « Never be alone - Simian Mobile Disco remix » (Source) 2003 Le groupe anglais Simian fait de la pop en y intégrant tout ce qui traîne sur leurs platines : de l'électro, du r'n'b à la Timbaland, de l'acid house. Les Simian assument pleinement cette dichotomie entre écriture pop et production électro en se remixant eux-même sous le nom de Simian Mobile Disco. Ce 45 tours à tirage limité fait généralement le bonheur des Dj's pragmatiques. Colin Blunstone « Smokey day » (Epic) 1971 L'ex leader des Zombies (groupe pop culte des années 60) se fend ici d'une ballade terrifiante de sensibilité, qui nous permet de crier haut et fort notre amour de la pop sixties et de ses perdants magnifiques. Michel Polnareff « Voyages » (Universal) 1971 La même année en France, Michel Polnareff produit un de ses plus beaux morceaux instrumentaux. Une comptine pop parfaite, qui synthétise l'univers de son créateur en trois minutes lyriques, baroques et groovy. Ce morceau donne envie d'appuyer sur la touche REPEAT. www.d-i-r-t-y.com